
LE RETOUR DE VÉNUS
une exposition de Jean-Jacques Lebel
du 21 juin au 27 octobre 2008
au Musée Denon de Chalon-sur-Saône
Jean-Jacques Lebel, artiste inclassable comme souvent en art contemporain, est fréquemment désigné comme l'une des figures majeures du mouvement néo Dada. D'inspiration foncièrement libertaire, pre-mier artiste à réaliser des happenings en Europe, fondateur de Polyphonix , écrivain, commissaire d'expositions (Victor Hugo, Francis Picabia, Antonin Artaud, Jardin d'Eros, Cadavres Exquis,Dessins d'Ecrivains, etc.), son œuvre se prête peu aux présentations muséographiques mais se révèle fondamen-tale pour la compréhension de l'art européen des années 60-70 comme en témoigne l'importante exposi-tion Traces du sacré présentée au Centre Pompidou du 7 mai au 11 août 2008.
Pourquoi présenter Jean-Jacques Lebel au Musée Denon ?
L'exposition Le Retour de Vénus s'inscrit dans la droite ligne des Histoires extraordinaires de l'art mo-derne racontées par Erró (2 juin-22 octobre 2007) qui elle-même faisait suite à Jean Messagier (1920-1999), l'œuvre graphique (17 juin-2 octobre 2006). Loin de vouloir documenter systématiquement des courants, d'explorer dans le détail des classifications établies, souvent par commodité, par la critique, il apparaît cependant indispensable pour le Musée Denon de montrer ce qui constitue la postérité vivante et actuelle des grands hommes chalonnais que sont Vivant Denon et Nicéphore Niépce. D'ailleurs la présentation concomitante des Priapées, la série de gravures érotiques de Denon, rappelle ce lien entre l'œuvre de ce dernier et celle de Jean-Jacques Lebel.
Plus généralement, la méditation et la réappropriation de l'image démultipliée, la relecture critique de l'histoire de l'art et la mise en relation de ses contenus avec les modes d'expression populaires fournis-sent la matière d'une vision humaniste contemporaine.
Le Retour de Vénus proclame, détourne et dénonce tour à tour le mythe universel dans un rapport évi-dent à l'érotisme et à la subversion. Deux types d'œuvres sélectionnées avec l'artiste contribuent à la démonstration : Le Reliquaire pour un culte de Vénus assorti d'un film Les Avatars de Vénus ainsi qu'une douzaine de collages composent un ensemble cohérent dédié à la déesse de l'amour.
La première œuvre, Le Reliquaire..., qui connaît donc ici sa vingt-huitième édition, est une installation, renouvelée à chaque exposition et repensée en fonction de chaque lieu, d'un millier d'images photogra-phiques et/ou picturales, liées à la représentation de Vénus dans une perspective transculturelle et multi-temporelle. Si les collages et les détournements tournent en dérision « l'usage mercantile du désir » , la dimension fondamentalement anarchiste de l'œuvre de Jean-Jacques Lebel est aussi représentée par Le Retour de Bakounine n° 1, 1988.
Le tirage spécial en dix exemplaires d'un poster signé et numéroté par l'artiste sera dis-ponible ainsi que son double DVD, Les Avatars de Vénus, (produit et diffusé par Re: Voir) et ses récentes publications.
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